Les sciences fondamentales, indissociables du développement durable

L’Agenda 2030 pour le développement durable est le programme ambitieux que se sont donné l’ensemble des pays membres des Nations Unies afin d’assurer un développement équilibré, durable et généralisé de la planète.

Les sciences fondamentales ont une contribution essentielle à apporter à la mise en oeuvre de ce programme. Elles fournissent en effet les moyens indispensables pour relever des défis vitaux tels que l’accès de tous à la nourriture, à l’énergie, à la santé, ou aux communications. Elles nous permettent de comprendre l’impact sur la planète des près de 8 milliards d’humains actuels et d’agir pour le limiter, et même parfois le réduire : trou dans la couche d’ozone, changement climatique, épuisement des ressources naturelles, extinction des espèces.

Les applications de la technologie sont faciles à reconnaître. L’apport des sciences fondamentales, fondées sur la curiosité, est au contraire mal apprécié. Or, elles sont tout à la fois à la base des progrès technologiques majeurs qui stimulent l’innovation, essentielles à la formation des futurs professionnels et indispensables à l’épanouissement de populations capables de participer aux décisions qui affectent leur avenir. L’UNESCO le sait bien : sa « Recommandation révisée concernant la science et les chercheurs scientifiques », adoptée en 2017, rappelle l’importance de réunir politiciens, scientifiques, diplomates, organisations internationales, entrepreneurs, et toutes les personnes de bonne volonté pour faire progresser les idéaux de paix et de bien-être des Nations Unies.

L’Année internationale des sciences fondamentales au service du développement durable, que nous proposons d’organiser en 2022, mettra l’accent sur ces liens entre les sciences fondamentales et les objectifs de développement durable. Ce sera une occasion unique de convaincre toutes les parties prenantes que grâce à la compréhension de base de la nature, les actions entreprises seront plus efficaces pour le bien de tous.

Michel Spiro, Président de l’IUPAP

« Les sciences fondamentales fournissent des moyens essentiels pour relever des défis tels que l'accès universel à la nourriture, à l'énergie, à la couverture sanitaire et aux technologies de communication. »

Michel Spiro, Président de l’IUPAP

Une année internationale : pour quoi faire ?

L’Agenda 2030, adopté en 2015 par l’Assemblée Générale des Nations Unies, est une vision intégrée pour le développement durable de l’ensemble des populations de la planète. Il est décliné en 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) vers lesquels nous devons tendre collectivement. Tous ces ODD nécessitent des apports de la science et de la technologie.

Les sciences fondamentales aident l’identification des mécanismes permettant d’utiliser correctement les connaissances et d’effectuer des transferts de technologie. Les États qui ont adopté l’Agenda 2030 le reconnaissent, puisqu’ils ont créé dans le même temps le Mécanisme de facilitation des technologies. Celui-ci organise notamment chaque année le Forum sur la science, la technologie et l’innovation au service des objectifs de développement durable.

Des outils essentiels pour assurer le dialogue multiculturel, la stabilité politique et la paix, indispensables à la mise en œuvre de ces ODD sont fournis par les sciences fondamentales. Celles-ci apportent les capacités de formation et les savoir-faire nécessaires à l’application des innovations dont les pays ont besoin pour passer d’objectifs généraux à des actions efficaces. Les modèles de mise en réseau élaborés par le monde des sciences fondamentales contribueront à assurer la mise en œuvre effective des ODD.

  1. Permettre à tous de faire de la science
    La participation de tous les individus qui le souhaitent, quelle que soit leur origine, leur appartenance sociale ou géographique, ou encore leur genre, est indispensable aux progrès des sciences fondamentales.
  2. Financer la science fondamentale
    Des exemples de soutien financier à la recherche fondamentale seront mis en avant, ainsi que leurs résultats. La réplication de ces expériences sera encouragée.
  3. Renforcer l’éducation et la formation scientifiques
    L’Année internationale fera la promotion de l’éducation scientifique et de la formation des enseignants.
  4. Généraliser le libre accès
    Le libre accès favorise la circulation globale des savoirs et encourage les interactions entre les chercheurs.

« C’est le plus souvent après des recherches longues et approfondies sur des questions qui peuvent être très théoriques, et après des parcours parsemés d’échecs, que naissent les révolutions scientifiques à l’origine des transformations technologiques. »

Tran Thanh Van, Fondateur de l’International Center of Interdisciplinary Science and Education (ICISE), Vietnam

Thèmes

L’Année internationale des sciences fondamentales au service du développement durable se développera à partir de thèmes définis comme prioritaires par l’UNESCO et les Nations Unies. Elle suscitera des échanges entre les chercheurs et des acteurs diversifiés, des communautés de base aux décideurs politiques et aux responsables internationaux, en passant par les associations, les étudiants, ou encore les collectivités territoriales.

  • Renforcer la présence et la visibilité des femmes
  • Les sciences fondamentales, sources de dialogue international et de paix
  • Un bien public mondial
  • Innovation et développement économique
  • Éducation et développement humain
  • Relever les défis planétaires

« Dans les pays en développement des milliers d’esprits jeunes sont prêts à assimiler les sciences fondamentales et à concevoir les progrès nécessaires à un développement plus harmonieux. »

Nicole Jeanne Moreau, Présidente du Programme international pour les sciences fondamentales, UNESCO